lundi 19 juillet 2021

L'Insatiable n°4 - Couverture et sommaire

SOMMAIRE       

George Peppard
. Mais que vient-il foutre ici, celui-là ? Laissons de côté L'Agence tous risques et le sourire ultra-bright de Hannibal (malgré le cigare) et remontons à l'excellent Exécuteur (1970)), film d'espionnage de Sam Wanamaker avec un Peppard plutôt hagard qui fait escale en Grèce. Et annonçons par la même occasion que ce fut une joie extrême d'accueillir une nouvelle plume instable mais ô combien généreuse, précise, cultivée et enthousiaste pour défendre ce film, celle du bien nommé Sylvain B. Bombax qui nous a concocté une autre surprise (de choc), un bouquet final orgasmique dont on reparlera. C'est un ravissement de publier les réflexions de Sylvain, manifestement en phase avec L'Insatiable. On peut même imaginer qu'un jour il pourrait écrire un numéro à lui tout seul… Titre de l'article : "The Executioner de Sam Wanamaker (1970 ) ou l’heure étrange de Gisela Dali."
 

Jess Franco. J'avais toujours dit qu'il n'était pas question de ressasser des œuvres maintes fois dépiautées connues et rebattues. Mais quand c'est Pamela Stanford qui nous livre ses souvenirs, ça ne se refuse pas… D'autant qu'elle apporte un éclairage pas forcément très connu sur le cinéaste espagnol en plus de croquignolettes anecdotes de tournage. Titre de l'article : "Franco paranormal" et donc le troisième texte de Pamela dans L'Insatiable

Larry Cohen ? Voici de l'inédit avec un entretien avec le cinéaste, réalisé à Paris à l'occasion de la sortie de God Told me to / Meurtres sous contrôle (un chefs-d'œuvre !). Une conversation à bâtons rompus enregistrée par Alexandre Mathis qui signait alors Paul-Hervé Mathis pour la revue Écran qui n'en voulut pas. Où il est question de violence, de films de gauche (ou de droite)… L'air du temps des 70s, quoi, tout comme ce qu'il reste de cette conversation à laquelle s'était joint Madame Cohen…

Willy Rozier. Ou plutôt Willy Rozier ET Les Chiens dans la nuit (1964). Jusque là vous étiez en terrain plus ou moins connu (Franco, Peppard, Cohen), aventurons-nous en zones un peu plus vierges… Willy Rozier est surtout connu pour avoir découvert Brigitte Bardot ou la regrettée Françoise Arnoul. En 1964 il réalise un film "grec", une coproduction entièrement tournée à Athènes et alentours avec avant tout des comédiens de chez nous et quelques locaux dont Zeta Apostolou. Les Chiens dans la nuit est pour ainsi dire invisible depuis les 60s et c'est sur table de montage qu'il a fallu le voir aux Archives du films sur les conseils avisés de Christophe Bier, seule personne que je connaisse à l'avoir également vu. Pour parler de ce film, j'ai lu le roman de Thrasso Castanakis, retrouvé l'affiche de pré-production et surtout quelques 200 photographies de plateau (!). Encore de l'inédit que vous ne trouverez que dans L'Insatiable, fanzine instable. J'ai reproduit le maximum de photos possible, une trentaine (!!) et reconstitué la scène choc de la flagellation de Zeta Apostolou par Georges Lycan.



Zeta Apostolou (en couverture de L'Insatiable n°4), évoquée déjà dans Les Chiens de la nuit, fut la bombe sexuelle du début des années 60, la reine du strip-tease à l'écran et quasi la seule à n'avoir jamais froid aux doudounes. C'est évidemment elle qui fait la couverture de notre numéro et nous lui consacrons, comme il se doit un portrait aussi fouillé que possible. Non pas sa vie privée, on s'en fout, mais ce qu'elle représentait alors. Elle est aussi présente dans le dossier central, puisqu'à l'affiche d'Amok / The Rape / La Sueur sur la peau (1963) de Dinos Dimopoulos que nous abordons plus longuement à grand renfort d'iconographie internationale et rarissime.

Avant d'en arriver aux gros morceaux, précisons qu'il y aura les deux sections auxquelles vous commencez à être habitués. Les "pikilia" avec les nouvelles divergentes d'ici et avant, pleine d'informations aussi inutiles qu'essentielles à votre édification personnelle. Comme par exemple que c'est une touriste grecque qui a plus ou moins ouvert la porte de l'Amérique à un certain Lasse Braun avec un loop historique dans l'histoire de la pornographie. Et bien sûr les traditionnelles "contrefaçons" et autres bidouillages et approximation dans les affiches de films grecs à l'étranger. Avec Le Gigolo de Pirée (1966) de Karagiannis, Nefeli d'Efstratiadis qui s'invite dans la Black emanuelle grecque de Mylonakos et une comparaison des différentes affiches de Black Aphrodite de Pavlos Filippou avec Ajita Wilson !! 

Le grand dossier, "Violences sexuelle dans le cinéma grec" titre 29 pages avec pas moins de 70 photos pour couvrir autant que possibles les 60s et les 70s. Un vaste panorama pour découvrir les caractéristique de cette forme figurative qui faisait fureur à l'époque. Avec aussi quelques films majeurs sur lesquels nous nous sommes étendus plus longtemps, Amok / The Rape (1963) de Dinos Dimopoulos et l'évocation des viols collectifs comme arme de guerre ou Sans un cri (1966) de Kostas Manoussakis et la réalité des frustrations sexuelles dans les campagnes profondes. L'idiot du village, le pâtre lubrique, le satyre, la divinité païenne (Pan) mais aussi l'impuissance petite bourgeoise, le truc ou l'effet gratuit pour pimenter un film, le revers de la médaille avec les femmes qui s'y mettent, etc… Pas mal de choses (et même Angelopoulos, ce nigaud) pour essayer de comprendre ce que tous ces films, bien peu sadiens, peuvent nous dire dans le contexte grec… Un grand dossier qu'on a dû pas mal compresser, dans la lignée de celui sur les chevaux, certes moins rigolo. Mais avec tout ce matériel rare et inédit (photos de presse, d'exploitation, affiches, roman-photo, etc), il fallait s'y coller sans tabou, a priori ou postures idéologiques, n'en déplaise à l'ère du temps.

Πιο θερμή και από τον ήλιο / Extases de 5 à 7 / The Two Faces of Love / The Lady is a Whore / Totale Lust, etc. (1972) d'Omiros Efstratiadis sera la film à l'affiche du traditionnel KAVLORAMA, autrement dit la chair de L'Insatiable. Pour les nouveaux venus, le KAVLORAMA est un ciné roman-photo original constitué de tout le matériel photographique qu'on a déniché (une soixantaine dans le cas présent), dans le respect de la trame du film. Ce n'est donc pas du tout la reprise d'un roman-photo des années 70 ! En plus d'un divertissement en hommage aux ciné roman-photo de l'époque, l'idée du KAVLORAMA s'est imposée pour pouvoir présenter toutes les images promotionnelles qui pouvaient entourer la sortie d'un film et traquer les photos montrant des situations qui ne se trouvent pas dans les montages connus dudit film. Ce KAVLORAMA ne sera pas seulement très chaud, il sera aussi en couleur !

Comme d'habitude, après avoir pu vous rincer l'œil grâce au roman-photo (plus de 70 photos, pour certaines inédites), je propose de décortiquer le film Extases de 5 à 7 d'Omiros Efstratiadis. Sa sortie, ses affiches, ses différents montage, son rôle dans l'œuvre d'Efstratiadis, etc. Je ne me répète pas quand les acteurs ou techniciens sont déjà connus des lecteurs des précédents numéros (Anna Fonsou, etc.). Grâce à un extraordinaire jeu de photo retrouvé par Lucas Balbo, on peut faire quelques suppositions et hypothèses épastrouillantes qui renvoient même à L'Insatiable n°1 concernnat les scènes additionnelles. Au final, Extases de 5 à 7 serait-il un film pionnier pour ce qui est de la pornographie dans le cinéma européen non-scandinave, puisque nous sommes encore en 1972…? Les études efstratiadologiques progressent… et, accessoirement c'est un bon film…

Dixième et dernière entrée de ce sommaire. L'Insatiable sans iconographie ne serait guère possible, et elle ne tombe pas du ciel, comme ça toute crue, ni du ouèbe. Il convient de la traquer, la repérer, la dénicher et bien sûr de la payer. Car oui, la majeure partie de images de L'Insatiable sont des scans d'originaux. Alors on chine, sur les sites de ventes de photos et affiches, ou même aux puces et autres vide-grenier où ça arrive de trouver des choses, comme ce weekend, rue des fossés Saint-Bernard, une quinzaine de photos de presse de Celui qui doit mourir (1957) de Jules Dassin ou, sur la toile, le dossier de presse de Diamants sur ta chair nue (livret de 16 pages tout en couleur), ce qui va enfin permettre de traiter un jour en détail de ce film incontournable. Les trouvailles iconographiques ne préviennent jamais, mais motivent les articles. Tout ça pour dire que le dernier papier dans L'Insatiable n°4, qui en fait sera la premier, vient tout droit de la trouvaille de photos sexy de Maya Melaya qui fut, je l'ignorais alors, le premier sex symbol de l'après-guerre en Grèce, l'impératrice des nuits athénienne. Une chanteuse modeste qui se produisait dans des cabarets et qui apparut dans une quinzaine de film. Mais pour le cinéphile occidental, elle (n')apparaît (pas) dans Ombres sous la mer (1957) de Jean Negulesco puisque c'est elle qui entraîna Sophia Loren à chanter convenablement une de ses chansons en grec. L'occasion était trop belle de vous montrer ses photos et d'évoquer cette grande dame légendaire !


 




 

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